Expositions

Empty modern exhibition gallery interior and hanging white canvaExpositions
  • 2017Galerie Frédéric Moisan – Paris VI.
  • 2016, Exposition “Généalogie des Entrelacs” – La Cité Radieuse Le Corbusier, Marseille.
  • 2015 Collectif, Atelier 41, chez V. de Guitarre, Portes Ouvertes Ateliers d’Artistes du 6ème, Paris 6ème
  • 2011 Collectif, Atelier 41, chez V. de Guitarre, Portes Ouvertes Ateliers d’Artistes du 6ème, Paris 6ème
  • 2010 Collectif, Atelier 41, chez V. de Guitarre, Portes Ouvertes Ateliers d’Artistes du 6ème, Paris 6ème 2005 Galerie des petits, Paris 16ème
  • 2004 Galerie des petits, Paris 16ème
  • 2000 Collectif, chez C. de Turckheim,  Barcelone
  • 1994 Collectif, “Les Duplantier s’explosent“, Centre culturel, Dax
  • 1991‐93 Expérience collective “Tricanon“, fresques et happenings à l’Elysée Montmarte et associations artistiques (“Les après‐midis à Toto“, etc), Paris
  • 1991 Galerie MCF, Paris 3ème

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“A regarder d’un oeil distrait, la tête ailleurs, les grands dessins d’Hélène qui pendent sur les murs, « on n’y voit rien « comme aurait dit Daniel Arasse. Ou plutôt si : des paysages réalistes, entre fermeté du dessin lui-même et délicatesse irréaliste de la couleur qui l’accompagne. Mais quand, attirée par le redoutable « comment c’est fait ?» je m’approche à m’y aveugler, là, les yeux sur le papier, je vois ce que je ne savais pas . Que la délicatesse annoncée cache une indécision de touche, un lâcher-prise, voire un laisser aller pictural surprenant. que la fermeté du trait est en fait une griffure, une balafre, un gribouillage où perce souvent une grande violence. Que l’une (la couleur) et l’autre (le trait), peuvent s’épauler comme se nier, se servir comme se contredire. Que ce qui paraissait quiètude végétale peut se révéler minéral ou animal. Ce qui désignait les rochers des calanques, se peuple de bouches ouvertes ! Mais alors, que disent vraiment ces dessins ?

Puisque leur innocence a basculé, je veux les scruter plus avant, et nommer si je le peux les ébauches de formes qui percent dans ces images décidément pas simples: un nuage cotonneux en lieu et place de feuillage, un crocodile sur les galets de la rivière, un fossile dans les fourrés, des crânes sur les roches, de grandes branches, algues, bras, mains, anguleuses ou serpentines qui rayent et structurent l’espace. Tant de bizarreries, tant de traits inattendus, tant de violence dans un dessin qui s’annonçait sage, laissent deviner l’énergie que déploie Hélène quand elle dessine. Je la vois assez bien se venger de l’ordonnance du monde, se laver avec délectation de l’académisme appris, et danser sur le papier, mains et bras tout entiers, une chorégraphie sauvage. Tandis que je butte sur les entrelacs de crayon et que j’applaudis en silence au tour de passe passe opéré, je sens émerger une vague inquiétude, aussi. Où est le ciel ? Par où sortir ? Décidément, pas d’échappée, de la lumière certes, mais les branches me retiennent et si je n’y prends garde, je suis au pays des contes où le cauchemar n’est jamais loin du merveilleux. Délicieuse ambiguïté installée par Hélène, mine de rien, sans y toucher, sans insister, je dirais, avec élégance. On peut mesurer l’écart entre le projet et la réalisation finale en admirant par ailleurs les petits croquis au crayon qui servent de point de départ aux grands dessins. Ils sont d’une grande virtuosité et d’une précision photographique. En prenant du recul à nouveau, me frappe l’installation elle-même, à savoir : ces grands papiers lourds et aériens à la fois, non encadrés, dentelés sur les bords et dentelés d’entrelacs de crayon à l’intérieur. Le crayon est gras, noir, et pourtant, comme on n’en est pas à une ambiguÏté près, l’effet «dentelle» est garanti. Dentelles, papiers dentelés lourds qui volent sur les murs de béton…car les dessins vivent leur vie de papier indiscipliné et se tordent légèrement dans les coins. Ils font ce que leur permet le mur sur lequel ils respirent. C’est le mur le plus iconoclaste qui soit : béton brut de décoffrage, gris, rugueux, et incrusté avec malice et irrévérence par Le Corbusier lui-même d’empreintes de coquillages. Des murs beaux à toucher, qui ont la qualité «gros grain» du papier qu’utilise Hélène. Une autre série de dessins exposés complète sans la contredire la série dont je viens de parler. Il s’agit de grandes aquarelles de plantes tropicales faites dans l’espace clos, humide et chaud des Serres d’Auteuil. Et là, sur une liane, ou plongeant dans une eau imaginaire, des enfants . Qui sont-ils ? Que font-ils là ? Des histoires, encore des histoires, des contes à inventer, encore et toujours…. Histoire de pénétrer un peu le monde trouble et secret d’Hélène Duplantier.”

Geneviève BONINO • Responsable de la Culture de la Cité Radieuse Le Corbusier